Invader : un art de rue pas si éphémère

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NewYork : Pizza Space Invader

De Paris à Tokyo, de Ravenne à Londres, vous pouvez admirer ses œuvres en mosaïque dans les plus grandes métropoles du Monde : Invader s’approprie de petits bouts de villes bétonnées pour les embellir avec beaucoup de couleur et un peu de poésie.

Invader, un envahisseur graphique

Il est français. Il est diplômé de l’école des Beaux-Arts de Paris. Il expose à New York, Los Angeles, Melbourne, Osaka, Rome, Londres… Ses œuvres pixelisées aux inspirations culture pop se glissent dans les recoins des plus grandes villes du Monde et s’exhibent fièrement dans des expositions artistiques institutionnelles. Il a écrit une série de 7 ouvrages dédiés aux 70 villes que son art a envahies.  Des fans s’inspirent de l’oeuvre de ce compère de Banksy pour habiller les villes où il n’a pas encore posé sa signature, reproduisant des Space Invaders (petites créatures numériques) qui se multiplient avec une viralité aussi efficace que la réputation de l’artiste sur le net. Il existe même un jeu mobile, lancé par l’artiste lui-même, permettant d’en collectionner les images. Vous avez peut-être vous-même croisé l’un de ces petits espaces graphiques insolites dans votre ville, et peut-être cela vous a-t-il fait sourire. Invader a commencé son « Invasion » artistique il y a bientôt 20 ans. Pourtant, il ne reproduit jamais la même mosaïque.

La rue : un cadre incompatible avec la protection des œuvres ?

Space Invader à New York City

Cet été, les œuvres parisiennes d’Invader ont été la cible d’un duo de voleurs qui pillaient allègrement ces mosaïques en se faisant passer pour des agents municipaux afin d’en faire commerce. Si les vandales ont été arrêtés en septembre, cette affaire a ramené sur le devant de la scène médiatique la question de l’art sur l’espace public, de sa pérennité et de sa propriété. Par définition, l’art urbain plastique lorsqu’il implique une installation et non une composition peinte, laisse une empreinte bien plus durable. Aucune notion de prescription ne vient réguler les œuvres solides alors que le cycle de vie des œuvres peintes se régule bien plus vite par le recouvrement régulier d’un travail par un autre ou par une simple initiative de dégradation.

Pour autant, la destruction et l’appropriation de certaines mosaïques d’Invader a suscité l’indignation et pour cause : leur placement au cœur de l’espace public a pu être interprété comme une invitation à se servir. Or, à l’instar des dégradations du patrimoine culturel immobilier français, le vandalisme dont les créations de l’artiste ont souffert a été très mal accueilli. « Street-art ne signifie pas «c’est dans la rue, c’est à tout le monde, donc c’est à moi» » déclare l’artiste à Libération. Ici se pose toute la question de la protection des œuvres de nos artistes de rue dès lors qu’elles sont inscrites dans l’espace public.

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